Dans "Taxi", il y a des caisses lancées à toute
allure dans les ruelles de Marseille. Et il y a Eric Barone qui fait des
pirouettes avec son scooter.
Eric Barone a le chic pour être au générique des
films-cultes. Dans La cité des enfants perdus , il y est.
Mais faut le savoir: c'est le flic que les mômes font tomber en travers
d'un cours d'eau pour traverser au sec, sur son dos. Une séquence
qui doit bien durer cinq secondes: «mais c'est la seule cascade du
film!».
L'an dernier, l'Oyonnaxien a pris le Taxi, piloté à
un train d'enfer par le duo Pirès-Besson: «ils m'ont contacté
car ils savaient que j'étais le seul à effectuer un saut
périlleux arrière à moto. C'est grâce à
Michel Julienne, qui réglait les cascades sur le film et avec qui
je travaille régulièrement en free-lance!»
Car si Taxi est avant tout une histoire de bagnoles lâchées
entre Canebière et Notre-Dame-de-la-Garde, le film commence néanmoins
par une séquence animée de scooter: trois minutes d¹une
poursuite dans Marseille avec saut de main par-dessus le guidon et saut
périlleux en survol au-dessus d¹une parade. Un numéro
de voltige suffisamment spectaculaire pour que Michel Julienne lui-même
(qui en a pourtant vus, sur les genoux de son papa Rémi à
qui il a fini par succéder) déclare, estomaqué: «les
scènes de "Pizza Joe" nous ont permis de faire de très belles
cascades sur deux-roues, inédites au cinéma!»
Eric Barone a apprécié le tournage
: «Je suis descendu deux jours à Marseille. Il y avait
une super ambiance. Les cascadeurs étaient entourés par de
vrais professionnels, comme le rallyman Jean Ragnotti pour les pilotes
automobiles. C¹est ce qui rend le film réellement vrai!»
Le carton, c'est magique!
Pour faire ses "galipette", ce pur autodidacte des acrobaties disposait
d'un engin parfaitement banal: «c'était un 50 cm3 d'occase,
récupéré pour le tournage! Très lourd et pas
puissant! En plus, il y avait la boîte à pizza sur l'arrière
qui me gênait!» Eric le bricola à sa façon :
«j'ai modifié les cale-pieds, j'ai bloqué la fourche
avant. C'est mes réglages perso!»
Dix voitures étaient disponibles. Par contre, l'Oyonnaxien n'avait
droit qu'à un seul engin. Du coup, il a ménagé sa
monture en effectuant les essais à VTT: «j'ai mis en place
le tremplin. J'ai fait le matelas de réception, avec des cartons
cerclés dans du vynile. Le carton, c'est magique: tu ne te fais
jamais mal et tu n'esquintes rien!» L'affaire a ainsi été
soigneusement préparée et Gérard Pirès a pu
économiser son temps et sa pellicule: «pour mes trois scènes,
tout a été tout bon dès la première prise.
Avec moi, il n'a pas perdu de temps. C'était nécessaire car
il y avait un paquet d'autres cascades à tourner!»
Eric Barone a aussi bien aimé ses rapports avec les comédiens
qu'il double: «d'habitude, on est pris pour de simples pions! Là,
j'ai été bien considéré et j'ai sympathisé
avec Samy (N.D.L.R.: Naceri) qui m'a pris à la bonne, et aussi avec
Marion et Fred (N.D.L.R.: respectivement Cotillard et Diefenthal). On s'est
revu à Paris. Gérard Pires est sympa, un humaniste!»
Et le président de "Eric Barone Développement" est fort
content du résultat: «il a fait sept millions d'entrées.
Pour un film à petit budget, c¹est vraiment bien. Et il vient
de sortir en vidéo-cassette. Je suis d'ailleurs en photo sur la
couverture! C'est un film qui détend et qui est tout public. A la
sortie, les petits comme les grands sont enchantés!»
En attendant la suite puisque les premiers tours de manivelle de Taxi
2 pourraient être donnés en juillet prochain avec quelques
nouvelles interventions "baronesques"...